JOUR 8 : CUISINE

Aujourd'hui, réveil à 11h. J'étais fatiguée ! Il faut dire que je m'étais couchée tard la veille - à près de 3h du matin. Dans la cuisine, je retrouve les autres volontaires dont Elise - la nouvelle volontaire - qui nous raconte son expérience dans un camp de réfugiés en Grèce. L'année dernière, elle a habité quelques mois dans un camp pour venir en aide aux réfugiés. Cette expérience semble l'avoir beaucoup façonnée, et elle nous explique à quel point ces populations ont besoin d'aide. 

Après la pause thé, je monte nettoyer les chambres en location. Tous les touristes sont partis, il s'agit donc de changer les draps - et accessoirement de jouer avec les chatons

Une heure plus tard, je descends dans la cuisine et prépare le repas pour la Sweat Lodge du jour. Oignons, poivrons, carottes, pommes de terre...tout y passe ! Konrad prépare du houmous, qu'il nous fait goûter. Un délice avec du pain grillé ! Nous cuisinons en musique, et je ramène mon enceinte pour amplifier le son. Bien sûr, les oignons me font pleurer. Et ce pile au moment où nous écoutons l'une de mes chansons préférées : https://www.youtube.com/watch?v=0RyInjfgNc4 
Pourtant, j'avais mis des lunettes de soleil pour me protéger des oignons. Il faut croire que cela n'a pas suffit !

Alors que nous préparons le repas, Oli nous cocote un smoothie à base de beurre de cacahuète - évidemment - de banane et autres fruits. Très bon !

Quelques instants avant le début de la cérémonie, je discute avec Manuel dans la cuisine. Originaire de Roumanie - il a grandi à Bucarest - il me parle de l'époque du communisme dans son pays. Né en 1985, il a brièvement connu le régime de Ceausescu et vécu les conséquences du communisme.  Il me parle des rations qui étaient en place sous le régime communiste - 1 demi-pain, 1 demi-litre de lait, 1 demi-pain de beurre et ainsi de suite par famille. Certains magasins où se trouvaient des produits plus haut de gamme existaient mais étaient réservés aux étrangers. Il n'était donc pas possible de manger du chocolat, ou encore de boire du café, et ce jusqu'en 1990. Il m'explique que certaines personnes cachaient l'argent dans leur appartement, pour ensuite s'acheter des bons produits. Mais la police effectuait des fouilles, et une personne qui ne respectait pas la loi était exécutée. Les rations ont officiellement pris fin en 1990, mais la situation n'a pas changé du jour au lendemain. Les produits restaient très chers, et comme les parents de Manuel était sans emploi à ce moment là, ils n'ont pu consommer des produits tels que le chocolat qu'à partir de 1995. Ainsi, il leur arrivait de passer trois journées entières sans manger, faute d'argent...
Il me parle également de l'omniprésence de la police, et de la dénonciation. Personne ne se faisait confiance, et aussi bien un voisin que l'Eglise pouvait dénoncer un citoyen. Ce qui entraînait généralement l'exécution de celui-ci. 
Enfin, il m'explique la fin du régime communiste, la chute de Ceausescu et la transition politique. Malgré les déboires du communisme, la personne qui a pris le pouvoir à la suite de Ceausescu n'est autre que son bras-droit. Réelu trois fois, il a ainsi dirigé la Roumanie en dénonçant le fascisme. Une contradiction..
J'ai eu de nombreux cours d'histoire sur le communisme, et je connaissais déjà les grandes lignes. Mais d'avoir le témoignage de quelqu'un qui a connu le système de l'intérieur est différent et beaucoup plus enrichissant. Je suis très contente d'avoir rencontré Manuel, nous avons toujours des discussions très constructives tous les deux.


Après la cérémonie, nous servons le repas aux participants - d'anciens prisonniers pour la plupart - puis faisons du rangement. Une fois les hôtes partis, nous accueillons de nouveaux vacanciers qui viennent passer la nuit dans les chambres en location. Une fois n'est pas coutume, ce sont des américains : trois amis de New-York, et originaires d'Inde ; un couple de Washington. 

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